12 - LA SERVITUDE HUMAINE
LA SERVITUDE HUMAINE
Confondre le
Soi et le non-Soi, voilà en quoi consiste toute la servitude humaine ;
C’est de cette
méprise, fille de l’Ignorance, que découlent les calamités de la naissance et
de la mort, car l’homme considère comme réel ce corps grossier dont les jours
sont comptés ;
Il s’identifie avec
lui ;
Il l’alimente ;
Il le baigne ;
Il en prolonge la vie
au moyen d’objets qui flattent un des sens.
Ce faisant, il
s’attache à ce corps aussi étroitement que la chenille à son cocon.
Celui que subjugue l’Ignorance, prend par erreur une chose pour ce qu’elle n’est pas.
L’homme se charge
lui-même de fers parce que, dans sa folie, il regarde comme réelles des choses
qui n’ont qu’une existence éphémère.
Aveuglé par
l’Ignorance, l’homme s’identifie à tort avec le corps grossier lequel est le
non-Soi, dès que son propre Soi qui brille de l’éclat le plus pur, est
soustrait à ses regards.
Il est aussitôt
affecté par le funeste pouvoir du rajas, désigné comme le pouvoir de projection
et,
Chargé de ces lourdes
chaînes :
- La concupiscence, la colère et les passions
similaires, il tombe en esclavage !
Celui dont
l’intellect est obscurci, dont la connaissance a été engloutie par le requin de
la sombre ignorance, s’identifie avec les différents états de l’intellect
(buddhi), lequel n’est effectivement qu’un attribut surimposé de l’âtman.
Il flotte alors au
gré des vagues sur l’océan sans limites du samsâra dont les eaux sont
empoisonnées par les jouissances sensorielles ;
Parfois, il est
entièrement submergé ;
Parfois, il remonte à
la surface.
En vérité, que le
sort de cet homme est pitoyable !
Il apparaît, tout seul, dans le champ de la conscience comme s’il ne devait son existence qu’à lui-même !
Lorsque l’Ignorance voile sur l’âtman son voile épais, le pouvoir de projection inflige à l’insensé des tourments sans fin !
Rien ne peut trancher ces liens, si ce n’est la merveilleuse épée de la connaissance, forgée par la discrimination, lorsque le fil en a été aiguisé par la grâce divine.
Rejette donc
ces cinq gaines !
Et le Soi
t’apparaîtra dans toute sa pureté,
Ce Soi qui est
Félicité éternelle,
Félicité sans
mélange, ce Soi suprême qui brille de Son propre éclat au-dedans de chaque
être.
C’est par la
discrimination seule qu’il reconnaîtra son propre Soi en tant que «
sac-cid-ânanda », et qu’il goûtera le vrai bonheur.
OM
BHUR BHUVAH SVAH TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO
DEVASYA DHIMAHI DHIYO YO PRACODAYAT
RIG
VEDA 3.62.10
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