Question - Réponse
Le disciple :
- « Quelle que soit la raison, l’illusion, par
exemple, pour laquelle l’âtman suprême en est venu à se considérer comme jîva,
on ne peut assigner une origine à cette surimposition.
Or, ce qui est sans
commencement, doit aussi être sans fin !
Par conséquent, l’état particularisé de jîva ne cessera jamais pour l’âtman, et les renaissances se poursuivront éternellement.
Comment, dans ces
conditions, l’Âme pourrait-elle jamais se libérer ?
Révérend guru, daigne
m’éclairer sur ce point !
194 : Le guru :
- « Abstiens-toi, en toute occurrence, d’accepter comme réelles ces imaginations que l’illusion a suscitées !
Car, pour le cas de cette illusion, il ne peut, en fait, exister aucun rapport entre le Soi, lequel est inconditionné, sans forme, sans activité, et le monde des objets.
On commettrait une
erreur analogue en attribuant au ciel la couleur bleue.
L’état
particularisé de jîva qu’assume l’âtman, cet éternel Témoin a été surimposé à
l’âtman par l’illusion dont la buddhi est la victime :
- Il n’a pas de réalité.
Et c’est parce qu’il
a la nature de l’irréel qu’il cesse d’être à l’instant même où l’illusion se
dissipe.
L’état particularisé de jîva n’existe qu’autant que dure l’illusion ;
Il est causé par une défaillance de la faculté
de discrimination et cette défaillance est due à l’illusion.
L’imagination qui
nous fait prendre un morceau de corde pour un serpent, persiste aussi longtemps
que se prolonge la méprise, mais le serpent disparaît quand l’illusion
s’évanouit ;
Il en va de même pour
le cas du jîva.
On s’imagine
ainsi que l’ignorance (avidyâ) et ses effets existent de toute éternité ;
Et, cependant, aux
premières lueurs de la connaissance (vidyâ), tous les effets de l’ignorance
auxquels nulle origine ne pouvait être fixée, sont tous, sans exception,
détruits jusqu’à la racine, comme un songe s’efface au moment du réveil.
Il en résulte que
tout cet univers phénoménal ne doit pas être
tenu pour réel.
On constate, en effet, que la non-existence antérieure, bien que sans commencement, a une fin.
Or, on imagine que la
condition de jîva s’applique à l’âtman parce que ce dernier s’associe à des
attributs surimposés tels que la buddhi.
Cette
particularisation est, elle-même, imaginaire, car l’Autre (l’âtman) est
essentiellement distinct de cette surimposition.
C’est donc une
connaissance erronée qui nous fait établir une relation quelconque entre la
buddhi et l’âtman.
La parfaite
Connaissance peut, seule, venir à bout de la surimposition ;
Or, d’après la çruti
:
- Cette Connaissance consiste à réaliser que
le jîva et Brahman ne font qu’un.
Cette réalisation s’effectue dès que l’aspirant réussit à discerner à coup sûr le Soi du non-Soi.
Exerce-toi donc à
reconnaître l’âme particularisée et le Soi éternel !
L’âtman se
révèle dans toute sa splendeur, dès que l’on a écarté de Lui tout ce qui
paraissait le souiller.
Quand l’irréel cesse d’exister, on réalise qu’en définitive, cette âme particularisée est, elle-même, le Soi éternel.
Il est, par
conséquent, de ton devoir de dégager le Soi éternel de toutes ses
surimpositions telles que le sens de l’ego…
OM
BHUR BHUVAH SVAH TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO
DEVASYA DHIMAHI DHIYO YO PRACODAYAT
RIG
VEDA 3.62.10
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