11 - C’EST LUI !
C’EST LUI !
Il existe un
Être absolu, un Être inexprimable :
- C’est l’éternel substrat de la conscience
empirique, le Spectateur des trois conditions ;
Il est distinct des
cinq gaines qui composent l’individualité humaine.
Celui qui
connaît tout ce qui se déroule dans les conditions de veille, de rêve et de
sommeil profond ;
Celui qui ne cesse
jamais d’être conscient soit de la présence, soit de l’absence du mental et des
fonctions du mental ;
Celui qui est le
support constant du sens du « moi » :
- C’est Lui !
Celui qui
observe tout le spectacle, mais que nul spectateur n’a jamais observé ;
Celui qui illumine tous
les objets, y compris la buddhi, mais qu’aucun d’eux ne saurait illuminer :
- C’est Lui !
Celui par qui
le monde tout entier est pénétré, mais que rien ne peut pénétrer ;
Celui dont l’éclat se
reflète sur l’univers et le recouvre de sa splendeur :
- C’est Lui !
C’est Lui
encore dont la seule présence maintient le corps, les organes, le mental et
l’intellect dans le champ d’application qui leur est propre.
Ainsi que des
serviteurs diligents, ils attendent tous, les ordres de leur Maître.
C’est par Lui
que tout ce qui existe, depuis le sentiment du moi jusqu’au corps grossier, y
compris les objets des sens, est connu avec autant d’évidence que s’il
s’agissait d’une simple cruche, car Il est l’essence de la Connaissance
éternelle.
Il est le Soi
qui demeure au plus profond de chaque individualité ;
Il est l’Ancien,
l’Être primordial (Purusa) dont la nature est la réalisation ininterrompue de
la Félicité suprême.
Il reste toujours
identique à Lui-même, et, cependant, c’est Lui qui transparaît à travers les
multiples transformations du mental.
Il commande et les
organes ainsi que les prânas remplissent leurs fonctions respectives.
C’est à
l’intérieur de ce corps grossier, c’est au-dedans du mental où règne le pur
sattva ;
C’est dans le
sanctuaire secret de la buddhi ;
C’est en ce milieu spirituel (âkâça) connu en tant que non manifesté, que, tel le soleil au firmament, l’âtman resplendit de Son adorable éclat, et qu’il manifeste cet univers en le revêtant de Sa lumière.
Néanmoins, Il n’agit
pas Lui-même, et ne saurait être atteint par l’ombre d’un changement.
Il ne naît ni
ne meurt ;
Il ne croît ni ne
décroît.
Il ne peut subir
aucune modification puisqu’Il est éternel.
Lorsque le corps
tombe en poussière, Il ne cesse pas plus d’exister que l’éther, enclos dans la
panse d’une cruche, n’est affecté par le bris de cette cruche, car Il est
absolument inconditionné.
Le Suprême Soi,
distinct de la prakrti et de ses modifications, est essentiellement
Intelligence pure, Intelligence absolue (cit) ;
Il révèle directement
tout l’univers tant sous son aspect grossier que sous son aspect subtil.
Il subsiste à travers
les trois états de veille, de rêve et de sommeil profond, comme l’invariable
substrat du sens de l’ego.
Il se manifeste
Lui-même comme le Témoin de la faculté déterminative (buddhi).
Réalise personnellement ton
propre Soi, - ce Soi qui est l’Hôte de ton corps, au point de t’identifier avec
Lui !
Tu pourras ensuite traverser cet océan du samsâra, tenu pour infranchissable, dont chaque vague est une naissance ou une mort, et,
fermement établi en Brahman comme en ta véritable
essence, tu jouiras alors de la suprême Félicité.
OM
BHUR BHUVAH SVAH TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO
DEVASYA DHIMAHI DHIYO YO PRACODAYAT
RIG
VEDA 3.62.10
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