13 - 3 - L’INDIVIDUALITE ET LES CINQ GAINES
3 – La gaine mentale
(manomaya-koça)
Cette gaine est
la cause de toutes les différences que nous créons entre les choses, et la
première d’entre elles s’exprime de la sorte :
- « C’est moi » ou « c’est le mien ».
Elle possède de
grands pouvoirs, entre autres, celui d’établir des distinctions de nom et de
forme… ;
La gaine mentale est le feu sacrificiel par la vertu duquel est produit tout cet univers empirique.
L’Ignorance
(avidyâ) n’a pas d’existence en dehors de notre mental.
Le mental n’est rien
d’autre que l’Ignorance elle-même, et c’est à l’Ignorance que doit être
attribué l’esclavage de la transmigration.
Selon que le mental
cesse de fonctionner ou qu’il entre en action, l’univers tout entier disparaît
ou apparaît.
Dans la
condition de rêve, tout contact avec le monde extérieur est momentanément coupé
;
Sans aucun secours
étranger, le mental crée alors les différents éléments qui composent un univers
complet.
Mais c’est également
ce qui se produit dans la condition de veille ;
Entre ces deux
conditions, il n’y a pas la moindre différence.
Par conséquent, tout
cet univers n’est que la projection du mental.
Dans la
condition de sommeil profond, lorsque le mental est réduit à l’état causal,
plus rien n’existe pour le dormeur.
L’existence relative
de l’homme n’est donc qu’une simple création mentale ;
Elle est dénuée de
toute objectivité.
Le mental est,
tout à la fois, la cause de notre servitude et la cause de notre libération.
Le mental crée en chaque h²omme un attachement pour le corps et les autres objets des sens ;
Par-là, il le réduit
à l’impuissance comme un animal dont tous les membres sont ligotés.
Le mental est donc la cause unique qui produit aussi bien notre esclavage que notre affranchissement.
C’est pour le
plaisir du sujet sensible que le mental produit inlassablement, sans un excepté
un seul tous les objets des sens ;
Quelques-uns d’entre
eux sont perçus en tant qu’objets grossiers ;
D’autres, en tant
qu’objets subtils ;
D’autres encore soit
comme des différences de corps, de castes, de stades d’existence, de tribu,
soit comme des distinctions venant de la qualification, de l’action, du moyen
et du résultat.
En exerçant son prestige sur le jiva lequel est essentiellement Intelligence pure, Intelligence inconditionnée, et en l’attachant par les liens du corps, des organes et des énergies vitales (prânas),
le mental, à l’aide
des notions de « moi » et de « mien », le contraint à vagabonder à la poursuite
des multiples jouissances qui accompagnent la moindre des actions.
C’est encore le mental qui est la cause des souffrances de la naissance et de la mort, pour celui qui, encore souillé de rajas et de tamas, ne parvient pas à faire un usage correct de la discrimination.
Les sages qui
ont pénétré ce secret, désigne le mental comme l’Ignorance (avidyâ) ;
Par l’Ignorance,
l’univers tout entier est emporté, tantôt dans une direction, tantôt dans une
autre, comme ces amas de nuages que le vent chasse, à son caprice, devant lui.
La gaine
mentale ne peut, elle non plus, être le suprême Soi ;
C’est un objet,
tandis que le Sujet ne saurait, en aucun cas, être rangé dans la catégorie des
objets.
OM
BHUR BHUVAH SVAH TAT SAVITUR VARENYAM
BHARGO
DEVASYA DHIMAHI DHIYO YO PRACODAYAT
RIG
VEDA 3.62.10
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